Chakpori et Men-Tsee-Khang : trois siècles de collèges de médecine tibétaine
De la colline de Lhassa à Dharamsala, l’histoire des lieux où l’on a enseigné la médecine du Bouddha de la médecine.

Les Quatre Tantras ne se sont pas transmis au hasard. Ils l’ont été dans des écoles, souvent monastiques, qui ont formé des générations de médecins. Deux noms reviennent : Chakpori et Men-Tsee-Khang.
Chakpori : la colline de fer
En 1696 (certaines sources disent 1694), le régent Desi Sangye Gyatso fonde à Lhassa un collège de médecine sur la colline de Chakpori, « la colline de fer », face au Potala. On y apprend les Quatre Tantras, les plantes, le diagnostic. Les élèves récitent des textes et pratiquent l’herborisation en montagne. Le collège a fonctionné pendant plus de deux siècles et demi. Selon les sources habituelles, il a été détruit en 1959, pendant les événements de Lhassa.
Men-Tsee-Khang : la maison de la médecine et de l’astrologie
En 1916, le treizième Dalaï-Lama fonde à Lhassa l’institut Men-Tsee-Khang (« Maison de la médecine et de l’astro-calcul »), qui fait écho au projet du Chakpori. Un mécène, Khenrab Norbu, finance la construction de l’édifice. L’institut combine deux savoirs traditionnels : la médecine (sorig) et l’astrologie. En 1959, il cesse son activité à Lhassa. Il est refondé en exil à Dharamsala, en Inde, en 1961.
Aujourd’hui
Le Men-Tsee-Khang de Dharamsala a ouvert des branches en Inde et à l’étranger et possède une boutique et une librairie. Ce site ne reprend pas ses allégations de santé ; il signale seulement les ressources culturelles. La médecine tibétaine est aussi enseignée en Mongolie, au Bhoutan et en Chine ; voir Manba Datsan en Mongolie.
Un lien avec le Bouddha de la médecine
La tradition place l’origine du savoir médical dans l’enseignement du Bouddha de la médecine, Sangye Menla, que les étudiants honorent traditionnellement. Voir aussi les Quatre Tantras.
Incertitudes
La date de fondation du Chakpori est donnée de deux façons ; les circonstances de sa destruction sont relatées selon des points de vue différents.
Sources
Wikipedia, notices « Chagpori » et « Men-Tsee-Khang » ; Rubin Museum of Art, Project Himalayan Art ; Satyori, notice « Desi Sangye Gyatso » ; site officiel de Men-Tsee-Khang (histoire de l’institut).
Lire l’articleLe sorig en quelques mots : un petit lexique de la médecine tibétaine