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Corée : Yaksa Yeorae, un Bouddha au service du royaume de Silla

Dans la Corée ancienne, le Bouddha de la médecine n’était pas seulement une figure de piété personnelle : il était aussi invoqué pour la sécurité du royaume.

Peinture coréenne
Peinture coréenne · 1300–1392 · Banshō-ji, Nagoya

En Corée, le Bouddha de la médecine est appelé Yaksa Yeorae (약사여래) ou Yaksabul. Son culte prend une grande ampleur sous le royaume de Silla Unifié (VIIe-Xe siècles).

Une dévotion à plusieurs visages

Les chercheurs coréens décrivent un culte qui mêle plusieurs motifs : la longévité, la protection du royaume contre les calamités, la renaissance dans une terre pure. Parmi les rites, on trouve la récitation du sūtra, l’offrande de lampes, les bannières aux cinq couleurs et des cérémonies collectives.

Commentateurs

Plusieurs moines de Silla ont écrit sur le sūtra. Gyeongheung (VIIe siècle) est l’auteur d’un commentaire aujourd’hui perdu, connu par des citations. Taehyeon (VIIIe siècle) a laissé un commentaire qui, lui, a survécu (Bonwon Yaksa gyeong gojeok). Le grand Wonhyo a écrit sur d’autres textes ; son commentaire médical conservé porte sur le Sūtra de la lumière dorée, non sur celui du Bouddha de la médecine : une erreur courante.

Une statue datée de 755

La tradition du temple de Baengnyulsa, près de Gyeongju, attribue à l’année 755 une grande statue de bronze doré de Yaksa Yeorae. Les historiens de l’art en font l’un des grands exemples de la sculpture bouddhique de Silla. Le dossier est complexe, et nous renvoyons aux sources.

Après Silla

À l’époque Goryeo (918-1392), le Bouddha de la médecine est peint avec soin. L’une des peintures les plus célèbres, conservée au temple Banshō-ji à Nagoya, au Japon, est reproduite sur ce site. Dans les temples coréens, on trouve des « Yaksajeon », des pavillons consacrés à Yaksa Yeorae, souvent à côté de la grande salle.

Pour comparer

Au Japon, le même Bouddha est devenu l’un des plus vénérés (voir Yakushi-ji) ; en Chine, il est lié à la triade orientale (voir le voyage dans les pays).

Incertitudes

La date de 755 est celle de la tradition ; l’attribution exacte et la provenance de plusieurs pièces sont discutées ; les commentaires cités ne nous sont pas tous parvenus.

Sources

Encyclopédie de la culture coréenne (Academy of Korean Studies), notices « Yaksa Yeorae » et « Yaksagyeongso » ; articles scientifiques de la KCI sur le culte de Yaksa à Silla ; Journal of Medical History (Corée), article sur les commentaires du Sūtra de la lumière dorée.

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